Un Anglais dans les Cévennes 2010

 

Un Anglais dans les Cévennes 2010

Texte & photos : DAVID DICKENSON 

 

1. Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010

 

 

1: Chemin des Vignes 31/05/2010

 

Pour un botaniste anglais, les fleurs des Cévennes sont magiques. Pour les découvrir,  il faut simplement  deux jambes et au moins un bon œil. D’ailleurs, c’est plus agréable avec une compagne et un chien en supplément.

 

Je voudrais vous introduire au ‘Chemin des Vignes’ de mon petit village de la Salle Prunet, 2 km de Florac. Cet ami exprime tous les contrastes de cette région fascinante, et on se rencontre chaque matin avant petit déjeuner. Ce chemin, anciennement fait accès aux bancels des fruitiers et des vignes, mont la colline doucement pour un demi-kilomètre. Bordé des murettes et des roches boisées, il se trouve entre le climat méditerranéen et atlantique/continentale. Les roches sont schiste, mais l’eau qui coule est alcaline, et vient du calcaire 200m au-dessus le schiste. Il y a des endroits très sombres, mais aussi des belles éclaircies. A part de moi, on ne voit pas beaucoup des gens, mais il y a 60 ans, il y avait du monde pour entretenir les bancels, et jusqu'à 2002, un petit troupeau des brebis qui passent tous les jours, et tondent les herbes. Aujourd’hui, le cantonnier le fait une fois par an, sans utilisant les dents.

 

Ces contrastes fait cet chemin un peu spécial, et j’ai conté et photographié plus de 230 espèces (par rapport d’un millième photographié par moi autour des Cévennes). Chevauchant les deux climats, les deux sols, les deux époques, on voit les plantes un peu particulières, comme à ce moment, le tapis parfumé de Rorippe des Pyrenées (Rorippa stylosa ) (photos 1 & 2), vu chez moi il y a 10 ans mais de plus en plus courant autour d’ici.

    

Photo1 & Photo2

C’est ici se trouve le station croissant de Sérapias petite langue (Serapias lingua) (photo 3) une orchidée très rare coté atlantique.

 

 

 

Photo3

 

 

Le Chêne sessile (Quercus petraea) (photo 4) est abondant, mais les quelques sombres Chêne vert (Quercus ilex (photo 5) qui marquent la ligne entre le climat méditerranéen et atlantique/continentale, ont du mal à fleurir, attendant un peu plus d’échauffement global.

Photo 4 & Photo 5

 

 

Pour les Anglais, à cause des champs 'enrichés', les chemins macadamisés, et les lotissements encroûtantes, ces chemins, ces fleurs, sont disparus pour toujours. Gardez-les bien.


1: Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010

 

 

#2

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

 

Autour du monde, les arbres  et les graminées sont les rois et les reines des plantes, mais elles n’ont pas réussi  à conquérir les lieus secs et rocheuses. Il faut des plantes avec quelques astuces et trucs pour survivre dans cet habitat hostile.

 

C’est pour voir cette végétation maligne et courageuse que je suis monté le chemin raid du Mazel (St. Laurent de Trèves) au causse Méjean cette dernière semaine ensoleillée. Pour compagnie, ma femme et chien. La dernière fois que nous avons grimpé ce chemin, nous étions 7 ans plus jeunes, plus en forme, et le chien ne l’a jamais vu.

 

Le village du Mazel se trouve à 660M d’altitude, et souvent nous flânons le chemin horizontal entre les prairies à fauche, étant paresseuse. Ici, le calcaire fait un chapeau sur le schiste, avec une abondance des sources, et donc il y a une richesse des fleurs intéressantes.  Mais cette fois, nous nous sommes arrêtés seulement quelques instants d’admirer les têtes blues de la Sauge clarée (Salvia pratensis ) et du Muscari à toupet (Muscari comosum) (photo 1), le toupet plus amusante que jamais cette année.

 

Photo 1 

 

Après ça, nous avons commencé à grimper. A 720 M d’altitude, le chemin devient plus raide, plus rocailleux. C’était les pelouses sèches pâturées, et à priori les orchidées seraient bien évidentes. Nous étions là il y avait 10 jours, et c’était très promettant. Mais les vaches ... alors, les vaches ont brouté tous. Pourtant elles n’ont pas touché le Thym commun (Thymus vulgaris ) en toutes ces couleurs assorties, qui a fait une belle ensemble (photo 2). C’est à vous à trouver le Saponaire de Montpellier (Saponaria ocymoides), les Hélianthème, avec leurs boutons penchés, dont le blanc Hélianthème des Appenins (Helianthemum apenninum ) et le jaune Hélianthème vulgaire (Helianthemum nummularium).  Mon grand-père devrait donner sa vie pour une rocaille à jardin pareille.

 

Photo 2


Avec le chien en avant (elle cherchait un baton parmi le buis, le pauvre), nous avons grimpé jusqu’à 960M ; une belle station de Melittis melissophyllum – je vous donne le nom anglais ‘Bastard balm’, plus intéressante que le nom français (photo 3).

Photo 3


Le sentier faisait une épingle, les roches dolomitiques et chaotiques nous dominaient tout autour (photo 4), la vallée du Tarnon un petit ruban très loin. Faites commencer les merveilles.

 

  Photo 4

 

Le joli buisson de Daphné des Alpes (Daphne alpina ) (photo 5) se trouve seulement dans des endroits panoramique, et ici ne fait pas l’exception. Une trentaine longeaient le dernier 200 M du sentier, jusqu’au causse.

Photo 5

 

Le chien avait soif, et elle hallucinait – des cascades turbulentes et blanches dans cet endroit sec ? Mais non, c’était des coussins de Corbeille d’argent à gros fruits (Hormathophylla macrocarpa) (photo 6), une tapisserie avec des rameaux entrelacés, mais protégée un peu par très petites épines.

 

 Photo 6 

 

Ca faisait un bon contraste avec le lilas du petit Aster des Causses des Cévennes (Aster alpinus subsp. cebennensis) (photo 7).

 

 Photo 7  

  

Nous avons aperçu aussi des Leucanthemum graminifolium (photo 8). C’est une marguerite, mais sans surprise avec ce nom,  à feuilles de graminée. Beaucoup des plantes des roches réduisent le surface des feuilles pour se protéger contre la sécheresse.


Photo 8

 

 Le chien a reniflé une station d’Orobanches – parfumée comme une épice. Treize espèces de ces plantes parasitiques, sans feuilles, se trouvent dans les Cévennes, et ce n’est pas facile de les différencier. Mais chaque espèce montre une préférence pour ses repas. J’ai pensé à vérifier les plantes parasitisées autour … et voilà ! Il s’agit de l’Orobanche gracile (Orobanche gracilis)  (photo 9), avec sa gorge rouge, qui aime sucer la sève des Fabaceae.

Cette fois, c’était l’infortune Anthyllide des montagnes (Anthyllis montana) (photo 10), qui tapissait le chemin.

 

 Photo 9 & 10

 

Dix minutes plus tard, nous sommes arrivés enfin à 1050M, c’est tout plat, nous pouvions  voir des plaques de neige sur Mont Lozère. Les premiers cheveux d'anges (photo 11) commencent à trembler dans un souffle d’air bien chaud. Nous sommes arrivés au causse Méjean.  A peine un seul arbre. Les autres chiens ont chopé tous les bâtons. Deçu, Growler a fait demi-tour, et a commencé la descente.  

Photo 11

 


1: Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010


3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

Nous voulons une sortie botanique pour revoir les reliquats de la période glaciale. Nous quatre la faisons dans la neige, avec un vent 100% glacial.  C’est le ‘botanic reality’. C’est le dernier jour du printemps 2010, mais le temps est hiver. Une contradiction en plus, le lieu est l’Aubrac, pas les Cévennes. Ici, le sol est volcanique, jamais vu dans les Cévennes depuis quelques centaines des millions d’années. Les fleurs vont nous porter beaucoup des surprises.

 

Nous nous garons au Col de Bonnecombe, pour stimuler l’appétit botanique. Ici, autour du lac creusé pendant l’époque glaciale, presque tous les orchidées sont les Orchis maculée (Dactylorhiza maculata), sans risque de contradiction. Elles sont un peu difficile à voir, à cause d’une tempête de neige horizontale (photo 1).

Photo1

 

Un vent de 3˚ C, des rafales de 100 km/hr, ce dernier jour de printemps est notre ‘botanic reality’. Si nous apercevons un mammouth, ça serait sans surprise.

 

Nous admirons notre première plante carnivore, le Rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) (photo 2), et sont prêtes à voir notre deuxième espèce carnivore. A l’extrémité de ce bassin se trouvent des grassettes, on nous a dit. Mais nous fouillons partout sans succès, et  nous sommes contents de revenir à la voiture.

Photo 2

 

Imagine notre surprise quand nous nous arrêtons au pont du Nègre, pluisiers kilometres plus loin, pour regarder les ‘orgues’, des roches basaltiques en forme octogonale et portant les stigmates de l'érosion glaciaire (Photo3), formant le lit du rivière. En abondance, il y a des Grassettes à grandes fleurs (Pinguicula grandiflora) (photo 4) qui drapent les rochers. Elles se différencient des Grassettes des Causses de  mon blog du Roc des Hourtous  par les grandes fleurs blues foncées.


Photo 3 & 4

 

Juste à coté, nous apercevons deux têtes rouges, les Benoit des ruisseaux et les Comeret des marais (Potentilla palustris)  (photo 5), qui se trouvent ensembles dans les marais. Ici, s’il y a une doute, on ajoute ‘des marais’ après le nom de toutes les plantes (Myosotis des marais, Cirse des marais, Populage des marais, Dactylorhiza des marais (pour tous les Dactylorhizas inconnus) …. Pour être plus ‘snob’,  on peut utiliser le latin ‘palustris’ au lieu de ‘des marais’. C’est pas difficile et ça marche, par exemple Potentilla  palustris, Botaniste pallustris …...

Photo 5

 

Nous sommes sur la peinte du Lac de Souveyrol, la reste d’un lac et marais glaciaire. Ce reliquat de la période glaciale est spécial. C’est une des rares stations existantes de Ligulaire de Sibérie (Ligularia siberica) (photo 6) en Lozère. C’est trop tôt pour voir les grandes tiges imposantes de cette plante ressemblante une géant Solidage, donc je te donne une photo d’une autre année.


Photo 6

 

Sur la peinte, il y a des lignes de marais, plein des nombres et d’espèces de Dactylorhiza (suffit dit), mais surtout les  têtes jaunes des deux grandes Renoncules des marais, le  Populage des marais (Caltha palustris) (photo 7) et la Trolle d'Europe (Trollius europaeus) (photo 8).


Photos 7 & 8

 

Dans le pâturage plus sec, juste à coté, nous regardons les deux raiponces différentes. Un mélange entre notre  Raiponce en épi , et la Raiponce globulaire (Phyteuma orbiculare) (photo 9). Avec sa tête ronde et son pistil à trois lobes, ça se différence facilement.

 

Photo 9

 

 

Deux tiges des Dactylorhyza m‘attirent. Avec des épis  lâches et pauciflores ils ont l’air différent, et je prends des photos (photo 10). Plus tard, je regarderai les livres, deviendrai excité, pensant que j’ai trouvé Dactylorhyza traunsteineri, une espèce trouvée seulement deux fois en Lozère. Mais mes espoirs sera brisé par Alain Jacquet, qui garde ses doutes. La vie d’une botaniste est tellement dure.

Photo 10

 

 

Enfin, nous apercevons notre cible. 90 minutes de route, adverses glaciales, chaussures mouillées et bouées, et voilà ! Deux petites sucettes rouges. C’est le seul endroit en tout Lozère ou se trouve la Nigretelle d’Autriche (Nigretella austriaca) (photo 11), et c’est toujours comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais nous avons réussi. Suffit de prendre deux photos et revenir.

Photo 11

 

 

Mais ne pas avant visiter le Jardin Botanique d’Aubrac, pour voir toutes les fleurs de la région que nous avons manquée. Nous arrêtons pour traiter la vache (photo 12), puis, très vite, nous entrons le café d’Aubrac, prenons les gâteaux énormes, indispensable pour les pèlerins de St. Jacques de la région, souvent trempés et épuisés comme nous.


Photo 12

 

 

Pendant cette journée pénible, notre chien est où ? Il est chez nous, à côté de la cheminée. Il fait des beaux rêves. Le chanceux!

 


1: Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010

 


4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

 

Dans les Cévennes, on passe très vite du temps glacial à la canicule. Les orchidées de printemps peuvent tolérer un peu de neige, mais pas les orchidées d’été. Et c’était exactement celle-ci que nous, les botanistes optimistes, cherchons le premier samedi de juillet.

 

Claude Vincent a voulu montrer la Spiranthe d’été au bord du Tarn aux gens du Société Française d’Orchidophilie et aux gens d’ALEPE. Comme un idiot, j’ai vanté que la Spiranthe au bord de la Mimente, presque chez moi,  était plus nombreux, plus jolie. En plus, pour passer quelques bons moments, j’ai offert les montrer quelques espèces d’Epipactis assez rare. Heureusement, aujourd’hui, presque toutes sont à point avec leur floraison, et la rivière parfait pour se refroidir sur un soleil brûlant.

 

Il y a sept espèces des Epipactis en Lozère, et à l’Hospitalet, sur la Corniche des Cévennes, nous allons trouver cinq. Il y a deux ans, j’ai vu quelques Linagrettes (Eriophorum angustifolium) (Photo1) pas loin de la route et m’a dit, super, un marais du marne (calcaire), des plantes très particulières. Rien est plus particulière que la vingtaine  des Epipactis des marais (Epipactis palustris) (Photo 2) qui se trouvent ici, avec leurs grandes fleurs brunes assorties. Son spécialité est une labelle articulé, qui donne une grande surprise à chaque insecte que se pose sur l’épichile (l’extrémité de la labelle, qui fait une balancelle).

 

Photo 1 & Photo 2

 

Nous sommes très proches des empreintes des dinosaures de St. Laurent de Trèves, et c’était peut-être dans les marais comme ceci qu’ils ont rôdé il y a quelques millions des années.

 

Nous passons au bois en haut, autour le petit chaos dolomitique de l’Hospitalet. En quelques minutes nous voyons notre première Epipactis à petites feuilles (Epipactis microphylla) (Photo 3). Quelle contraste ! Aussi petite que l’Epipactis des marais est grande, un endroit aussi sombre que l’autre est lumineux, aussi sec que l’autre est mouillé, et une épichile comme un menton double.

 

Photo 3

 

Nous voyons des autres espèces des Epipactis, plus courant, mais pas banale comme même ; et d’ici, les problèmes commencent. Comment identifier les Epipactis en boutons ? C’est pas possible ! Ou peut-être si …. Je prends quelques marges des feuilles, et je vais les examiner ce soir sous le microscope. Est-ce possible de les identifier par le denticulation des marges ? (Photo 4) Réponse en quelques semaines ……  


Photo 4


Les années précédentes, j’ai vu E. muelleri, E. atrorubens, et E. helliborine, et celles d'aujourd'jui ressemblent ces trois espèces  (et trop souvent les traites de tous les trois sur la même plante).

 

Il y a d’autres chose un peu spécial autours ces roches dolomitiques. Entouré par des orchidophiles, je n’ose pas faire trop grande une pause. Mais au plaisir de tous, je les montre un cercle des rochers drapés par une verdure penché, comme une mousse. Cet aspect donne le nom Moehringie fausse mousse (Moeheringia muscosa) (Photo 5). Les fleurs sont seulement 5mm, faisant des petites étoiles. Ce n’est pas la dernière fois on a besoin d’une loupe aujourd’hui.


 

Photo 5

 

Nous sommes 12 pour le matin, deux autres nous joindre pour le pique-nique et se baigner à midi (la nature n’est pas notre seul intérêt) (Photo 6), et nos nombres explosent l’après-midi. C’est l’heure de la Spiranthe d’été, et nous sommes nombreux et variés. Le president de la SFO regional, un auteur des livres d’orchidées, quelques photographes botaniques, quelques ‘train spotters’ pour coché la boite avec cette espèce d’orchidée rare, des botanistes expérimentées en tous les espèces, et des débutantes trouvant magie en tous chose. Chacun  à son goût, et formant un ensemble très accueillant et harmonieux, toute prête à instruire et apprendre.

 

Photo 6

 

La Spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis) (Photo 7) est rare à cause de ses besoins capricieuses. Elle exige un terrain acide, humide en printemps, et surtout, un terrain nu, parce qu’elle n’est pas compétitive avec les herbes agressives. Avec ces peintes douces, rocheuses et scarifiées, les bords du Tarn et la Mimente sont idéale, et jouent hôte à plus d’une centaine chaque station. 

 

Photo 7

 

Comme tous ces endroits particuliers, il y a une végétation indicative. A mon avis, les indices le plus intéressantes sont la mignonne Petite Centaurée du Littoral (Centaurium littorale) (Photo 8) (attention de ne confonde pas avec la Petite Centaurée (Centaurium erythrea), qui se trouve partout, y compris cet endroit), la sévère Cotonière naine (Logfia minima) (photo  9), la savoureux Ciboulette (Allium schoenoprasum) (photo 10), la minuscule Sagine couchée (Sagina procumbens) (photo 11), l’amusant Jonc des crapauds (Juncus bufonius) (photo 12), et la timide Laîche vert jaunâtre (Carex viridula subsp. oedocarpa) (Photo 13).

 

Photo 8 & Photo 9


 

Photo 10 & 11

 

  

Photo 12 & Photo 13

 

Et surtout il faut inclure la Radiole faux-lin (Radiola linoides) (Photo 14). Quelques jours plus tard, je fouille les berges de la Mimente encore pour trouver d’autres stations de la Spiranthe et deviens très excité de trouver pour la première fois une des plus petites fleurs en toute Europe, penchée sur un rocher quelques centimètres de l’eau. Imagine ma surprise quand je passe en revue toutes les photos des Spiranthes que j’ai pris les dernières années. Voilà, jusqu’à côté, des belles colonies des Radioles ! Il n’y a personne aussi aveugle que celui qui ne vois pas (peut-être ça ne traduit pas).

 

Photo 14

 

En bref, toutes ces plantes indices appartiennent à un groupe qui sont très rares ou non-existent dans mon coin d’Angleterre. Elles sont des minables, des marginaux, qui se trouvaient dans les zones perturbées, souvent des flaques en hiver, mouillées en printemps, bien piétinées par le bétail toute l’année, à côté des barrières, les chemins fermiers. L’année 2010 tout est très propre, les chemins sont goudronnés, les petits troupeaux ont disparus. Heuresement, en France, le bassin du Tarn, la rivière sert bien, parce que la Spiranthe et des autres se trouvent dans une zone inondable, et elles sont sous un torrent d’eau presque chaque année.

 

Quant à la Spiranthe elle-même, il y avait une station renommée en Angleterre, 3 kms de chez moi dans la New Forest. Mais en 1850, on a fait sécher le marais au but d’améliorer le pâturage.  Ca faisait une centaine des années pour les faire disparaître 100%, mais c’était inévitable. Avec l'argent EU, il y a un an on a bouché la canalisation (Warwickslade Cutting), et refait les courbes de la rivière ancienne. Est-ce que la Spiranthe va revenir ? Qui sait ? Pour moi, j’ai de la chance d’habiter 3 kms d’une station en France et fait baver mes amis en Angleterre.


1: Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010


5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010

 

Nous étions sept pour faire un salut à l’automne ce dimanche, avec un programme un peu glouton. Nous voulions regarder les plus tardives orchidées de l’année, et après ça, nous punir par monter le sentier raide du Mazel au Causse Méjean, afin que nous puissions nous régaler avec les couleurs d’automne.

 

Chemin des Vignes : Quel meilleur endroit pour voir la Spiranthe d’automne (Spiranthes spiralis) (photo 1) que le Chemin des Vignes chez moi à la Salle Prunet ? Cette année le chemin est parsemé par 160 blanches hampes florales en spirale, avec un labelle frangé, et gorge verte. Deux jours plus tard, un troupeau de brebis est monté le chemin, sans faire aucun dégât. Cette orchidée se trouve exclusivement dans les endroits bien piétinés. Elle pouvait résister les charrettes aux bœufs pour les vendanges, et les pieds des botanistes aujourd’hui. La tige florale est bien costaude, et la rosette des feuilles est à peine sortie. Après floraison, les feuilles vont pousser et persister jusqu’à la première sécheresse de l’été 2011.

 

Photo 1

 

Nous avons mangé avec méfiance quelques grappes de raisins (cépage Clinton, peut-être) (photo 2) qui décoraient les bancels, les restes des anciennes vignes, et  trouvé à quoi la Garance voyageuse (Rubia peragrina) (photo 3) devient son nom (la revue botanique Garance voyageuse est également bien nommée ; ça colle à l’esprit après lecture).

 

Photos 2 & 3

 

La fleur la plus saisissante était le Grand orpin (Sedum telephium) (photo 4), avec des têtes des fleurs jaunâtres, typique de la sous-espèce ‘maximum’ de notre région. Le 6 septembre, les feuilles avaient l’apparence d’être vraiment morte, mais 24 heures après les premières pluies, elles se gonflaient à grande vitesse, et devenaient grasses, comme tous les orpins. Trois jours après, les boudons ont éclataient pour décorer le chemin.

 

Photo 4

 

Sentier du Mazel : Après une pause café et des gâteaux anglais, nous avons pris le sentier du Mazel. Nous avons eu une bonne surprise. Il y a quelques Spiranthes sur le chemin latéral, mais je n’attendais pas les voir sur le chemin qui grimpe la falaise. Mais elles étaient partout ! Quelques centaines de cette petite orchidée parsemaient le chemin et les pâturages alentours. Nous avons pique-niqués parmi des douzaines. Elles persistaient jusqu’à 820M. Il reste une trentaine des mètres de pâturage sur le calcaire  avant que la dolomite commence, et le peinte est plus raide. Est-ce le climat est trop rude ou la terre ne convient pas ? C’est à déterminer.

 

Photo 5

 

La monte n’était pas pénible cette fois, c’était une journée bien automnale et fraîche. Parmi les fruits les plus intéressants, nous avons admiré celles de Corbeille d’argent (Hormatophylla macrocarpa) (photo 5), comme les Monnaie des papes, mais plus petit et en forme de cœur, et celles d’Herbe aux perles ou Grémil (Lithospermum officionale) (photo 6). Litho=roche, spermum=grain, et c’était bien nommé.

 

Photo 6 & Photo7

 

Et notre chien pendant cette balade ? Elle a accepté toutes les caresses pendant la monte, et elle a retrouvé toutes les pauses pipi pendant la descente.

 

Photo 8 & Photo 9

 

Le fin !


1: Chemin des Vignes 31/05/2010

2. Sentier du Mazel 07/06/2010

3. L’époque glaciale d’Aubrac 24/06/2010

4. Un chaleureux début d’été 07/07/10

5 Au revoir été, salut automne  29/09/2010